28 avril – journée de la santé et de la sécurité au travail Santé mentale au travail : briser le silence
Parler de santé mentale au travail est devenu courant, presque banal quand cette problématique n’est pas minimisée, voire raillée. Pour la CFDT Défense, ce sujet est aujourd’hui galvaudé. Il renvoie trop souvent à l’individu, à sa fragilité supposée, à sa capacité à « tenir », à « gérer », à « s’adapter ». Ce prisme individualisant occulte l’essentiel : la santé mentale au travail n’est pas une affaire personnelle, mais une responsabilité organisationnelle.
La santé mentale au travail n’est pas un “sujet à côté”
Les personnels civils du ministère des Armées sont essentiels au fonctionnement de la Défense.
Pourtant, trop souvent, leur santé mentale est mise à l’épreuve :
- surcharge de travail,
- sous‑effectifs chroniques,
- réorganisations permanentes,
- injonctions contradictoires,
- perte de sens,
- manque de reconnaissance.
La fatigue, le stress, l’épuisement ne sont pas des faiblesses individuelles.
Ils sont le résultat d’organisations du travail dégradées.
Stop au silence et à la banalisation
La CFDT refuse :
- que la souffrance psychique soit comme « invisibilisée »,
- qu’elle soit trop souvent renvoyée à la sphère personnelle,
- qu’on demande toujours aux agents de “tenir”, de “faire avec”, de “s’adapter”.
Ce n’est pas aux agents de s’adapter à l’usure.
C’est au travail de ne pas abîmer les agents.
Ce que revendique la CFDT pour les agents civils
Faire de la prévention des risques psychosociaux (RPS) une priorité effective.
Intégrer pleinement les RPS dans les documents uniques d’évaluation des risques professionnels (DUERP), avec une approche genrée.
Reconnaître les transformations à répétition comme un facteur majeur de risques.
- Associer les agents civils en amont des réorganisations.
- Créer de vrais espaces de dialogue sur le travail réel.
- Refuser les projets menés dans l’urgence, sans évaluation humaine.
- Sortir d’un management uniquement descendant et chiffré.
- Former obligatoirement les encadrants civils à la prévention des RPS.
- Soutenir les managers de proximité, eux aussi en difficulté.
Évaluer l’impact réel des outils numériques sur la charge de travail.
Stopper un numérique qui augmente le contrôle, le reporting et la pression.
Donner des moyens suffisants à la médecine de prévention, partout.
Garantir l’accès aux psychologues du travail et aux dispositifs d’écoute.
Déployer les premiers secours en santé mentale (PSSM).
Prendre en compte la surexposition des femmes aux rps.
Agir sur la charge de travail et la conciliation des temps de vie.
N’accepter aucune tolérance face aux violences sexistes et sexuelles.
Faciliter la reconnaissance des pathologies psychiques liées au travail.
Sécuriser les parcours : entretiens de mi‑carrière, rendez‑vous de liaison, temps partiel thérapeutique.
Refuser l’abandon et la stigmatisation des agents en souffrance.
28 avril : un rappel, mais surtout un appel
Pour la CFDT Défense, la Journée mondiale de la SST ne doit pas être un moment symbolique de plus.
Elle doit être un point d’appui pour des changements concrets, durables et mesurables.
Préserver la santé mentale des personnels civils, c’est :
- Respecter leur engagement,
- Protéger les collectifs de travail,
- Garantir l’avenir du ministère.
La santé mentale au travail est une priorité. En ce domaine aussi, les neuf principes de la prévention doivent s’appliquer.
Une prévention efficace ne repose pas sur la résistance individuelle (la "résilience"), mais sur une organisation du travail saine. Il faut passer d'une logique de réparation (ie. soigner le burn-out) à une logique de conception (ie. organiser le travail pour qu'il ne rende pas malade).