Plus de 100 ans d'histoire syndicale

  • Histoire

La Fédération des Etablissements et Arsenaux de l'Etat (FEAE) représente les personnels civils de la Défense Nationale (ouvriers, agents de maîtrise, techniciens, ingénieurs et administratifs). Elle est l'héritière de plus de 100 ans de vie syndicale dans les Armées.

 

Fédération Française des Syndicats Professionnels et Etablissements de la Marine et Fédération Française des Syndicats d'Ouvriers et d'Employés des Etablissements Militaires

À l'origine coexistent deux fédérations : la Fédération Française des Syndicats Professionnels et Etablissements de la Marine créée en novembre 1924 et la Fédération Française des Syndicats d'Ouvriers et d'Employés des Etablissements Militaires née en 1929 (une première fédération avait été créée à Lyon par les syndicats de la région sud-est dès mai 1924). Cette dernière prend le nom de Fédération des Personnels de l'Air, de la Guerre et des Pensions en 1938.

Ces deux fédérations ont longtemps cherché à se rapprocher. Elles publient un journal commun, I'lnterfédéral de 1931 à 1950. Elles se réunissent une première fois en juin 1946 mais la section "Marine" reprend son autonomie au congrès de 1949. La séparation est totale en 1950 bien que les contacts ne cessent jamais tout à fait. En juin 1957, la Fédération des Personnels Civils de la Défense Nationale est créée avec deux sections, une section Marine et une section Air-Guerre, chacune ayant ses congrès et commissions administratives. Le congrès fédéral de 1965 consacre la fusion définitive en une seule fédération dont le titre devient « Fédération des personnels de la défense nationale ». C'est en 1983 qu'elle prendra l'appellation FEAE.

Chacune de ces deux fédérations d'industrie regroupe toutes les catégories (ouvriers, administratifs, cadres...) mais elles ont du mal à concilier tous ces personnels. Des syndicats nationaux sont créés, notamment à l'initiative des techniciens et des administratifs, pour prendre en charge leurs problèmes spécifiques. Ainsi naissent le SNITAG (Syndicat National des Ingénieurs et Techniciens de l'Air-Guerre), le SNT (Syndicat National des Transmissions) en 1948 et le SNAMAG (Syndicat National des Administratifs et Mécanographes de l'Air- Guerre) en 1954. Ils évolueront aussi avec le rapprochement des deux fédérations : en octobre 1975, le SNITAG se joint au Syndicat des Chefs de Travaux de la Marine pour former le SNITTAM (Syndicat National des Ingénieurs et Techniciens Terre Air Mer) et le SNAMAG, réuni au Syndicat National des Administratifs de la Marine (SNAM) devient le SNAMAT (Syndicat National des Administratifs de la Marine, de l'Air et de la Terre). Par la suite, le SNITTAM et le SNAMAT deviendront section et non plus syndicat.

1964, la CFTC devient CFDT

En 1964, suite à la transformation de la CFTC en CFDT, des syndicats et responsables fédéraux rejoignent les scissionnistes de la CFTC maintenue et créent une Fédération CFTC des personnels civils du Ministère des armées(1). A la section Air-Guerre, plusieurs syndicats et particulièrement ceux des centrales, Ministère de la Guerre et Cité de l’Air, ont été à l’origine de la scission. A la section Marine, un seul syndicat dissident : celui de St-Tropez. Dans l’Est, il s’agit du Syndicat des Forces françaises en Allemagne et du syndicat de la Moselle, avec des répercussions dans la région de Belfort(2). En terme d’adhérents, si la Marine est peu touchée (perte de 9%), l’Air-Guerre enregistre, entre 1963 et 1965, une chute de près de 40%(3). Les effectifs de 1963 sont de nouveau atteints en 1968.

Trois axes revendicatifs majeurs

Tout au long de ces années et encore aujourd'hui, les thèmes principaux de revendications tournent autour de trois axes : les salaires, le statut étatique des établissements et la volonté d'harmonisation d'une pléthore de statuts des personnels.

Les salaires, qui n’obéissaient à aucune règle étatique, furent alignés sur ceux de la métallurgie par les décrets de 1951 et 1957. Les fédérations s’étaient longtemps battues pour cela et tout fut remis en cause dans les années 1970. C’est l’origine des grands conflits de 1978 et 1979 mais aussi de nombreux autres mouvements d’action.

Le statut étatique fait l'objet de grandes discussions aujourd'hui. Privatisation ou conversion en société nationale signifient fermetures d'établissements et restructuration du personnel. Avant 1970, seulement quelques établissements avaient été vendus, mais à cette date, ce sont tous les établissements du Service des Poudres qui sont privatisés et regroupés en Société Nationale des Poudres et Explosifs (SNPE).

Cette tendance, accentuée depuis 1980, est liée d’abord à la situation de l’industrie de l’armement française, européenne et mondiale, mais aussi à une politique économique mondiale qui veut que toutes les grandes industries se regroupent et annihilent la concurrence.

Depuis cette époque, les réformes et réorganisations ne cessent de se succéder à la Délégation Générale pour l’Armement (DGA), séparant de plus en plus les tâches étatiques (recherches et études…) des tâches matérielles (fabrication d’armes…).

Selon la FEAE, cette séparation facilite les changements de statut juridique comme cela a été le cas pour le GIAT (Groupement Industriel des Armements Terrestres). Dès 1980, la FEAE était consciente du risque que courrait le GIAT d’être privatisé. Aujourd’hui, ce sont les 8 établissements de la Direction des Constructions Navales (DCN) c’est-à-dire les arsenaux qui vivent constamment avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

La grande variété des statuts des personnels complique beaucoup la tâche de la fédération : d'abord, les ouvriers d'État et les fonctionnaires ne sont pas régis par les mêmes textes. De plus, parmi les fonctionnaires, les administratifs et les techniciens n'ont pas forcément les mêmes revendications. Celles-ci concernent surtout les conditions d'avancement et les intégrations de contractuels ou de certains corps dans un autre corps pour essayer de simplifier les statuts des différentes catégories.

1) FD/1/2 : tract « Non la CFTC n’est pas morte - Elle continue… » signée par le bureau fédéral provisoire J. Gal, R. Latrasse, H. Dherbois, A. Andreu, E. Pascal, R. Dutoit, M. Gaborit

2) Source : FD/1/23 : rapport d’activité

3) Source : Michel Branciard, L’espoir souvent, des hommes toujours : 60 ans de l’histoire de la CFTC CFDT au Ministère de la Défense 1923-1983, pp. 140-141.

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